Apprentissage de l’espace en maternelle : poursuite de l’aventure et nouvelles investigations

Dans la continuité de nos travaux sur le développement des habiletés spatiales chez l’enfant, l’équipe du service d’Éducation et des Sciences de l’Apprentissage (EDUSA) de l’Université de Mons et du Laboratoire PSITEC de l’Université de Lille poursuit l’aventure initiée autour de la coordination des perspectives spatiales.

Bilan de la phase 2025 et nouvelles perspectives

Au cours de l’année 2025, une première phase de collecte de données a été menée auprès de 131 enfants, grâce à l’investissement de notre doctorante Nelly Perichon et à la précieuse collaboration de Sylvie Colussi, institutrice maternelle et mémorante au sein du service EDUSA. Cette étape clé a permis d’affiner nos dispositifs d’enseignement-apprentissage ludiques, qu’il s’agisse des jeux « grandeur nature » ou des modèles réduits imprimés en 3D. Ces outils permettent d’investiguer la capacité à se décentrer des jeunes enfants et les écarts de performance quand ils évoluent dans l’espace de préhension et l’espace de locomotion.

L’étude suggère que la capacité à coordonner les perspectives spatiales (CPS) dépend de l’échelle de l’environnement et de la mobilité de l’enfant. En effet, les enfants devaient effectuer une tâche de CPS où il leur était demandé de retrouver l’emplacement d’où une photo avait été prise, selon plusieurs conditions différentes : soit les enfants étaient immobiles devant un petit plateau (1 :8), soit ils étaient mobiles devant ce même plateau, soit ils étaient immobiles devant un grand plateau, ou encore mobiles dans le grand plateau de jeu.

Les résultats indiquent que les enfants évoluant dans un grand espace de locomotion et en mouvement semblent commettre moins d’erreurs que les enfants contraints de rester statiques devant le plateau de jeu, ou que ceux utilisant le plateau à l’échelle 1:8 pour se repérer dans l’espace lors d’une tâche de coordination des perspectives spatiales.

Les résultats indiquent que les enfants évoluant dans un grand espace de locomotion et en mouvement semblent commettre moins d’erreurs que les enfants contraints de rester statiques devant le plateau de jeu, ou que ceux utilisant le plateau à l’échelle 1:8 pour se repérer dans l’espace lors d’une tâche de coordination des perspectives spatiales.

Ces observations confirment l’intérêt de la mobilité motrice et de la prise en compte de l’échelle spatiale pour travailler autour des habiletés visuospatiales auprès des jeunes enfants.

Nelly Perichon, Hursula Mengue-Topio et Natacha Duroisin auront le plaisir de présenter ces résultats lors du RIPSYDEVE 2026, organisé par l’Université Jean Jaurès à Toulouse ! 😊

Cette année, Nelly Perichon repart sur le terrain pour une phase complémentaire d’investigation afin d’examiner les processus cognitifs qui pourraient influencer la capacité à se décentrer. Des mesures complémentaires seront prises autour de la flexibilité cognitive, de la mémoire de travail visuospatiale et de la théorie de l’esprit.

La démarche scientifique auprès des élèves

S’appuyant sur les recherches de Natacha Duroisin et Hursula Mengue-Topio, Nelly mène ses travaux de doctorat en plaçant l’épanouissement des enfants de 4 à 11 ans au centre de ses préoccupations. L’étude, réalisée au sein des écoles partenaires, propose une série de « mini-jeux » en individuel articulant manipulation d’objets tangibles et outils numériques autour des apprentissages spatiaux.

Le dispositif phare reste les activités autour de la maquette à l’échelle 1:8 représentant des séries de solides ou d’arbres imprimés en 3D, qui visent à investiguer comment les enfants s’orientent dans l’espace et identifient l’emplacement des objets à partir de photos fournies. Les élèves manipulent des figurines, des autocollants et réalisent de brèves activités mobilisant leur cognition spatiale.

Pour les écoles disposant d’un espace adapté, une seconde phase propose de reproduire ces mêmes jeux en format « grandeur nature » sur un plateau de 3,3 m × 3,3 m. Cette comparaison entre échelle réduite et échelle réelle nous permet d’identifier précisément les plus-values et limites des deux modalités pédagogiques.